Adrea
#BienDansMonAssiette
C'est se sentir chaque jour 
 mieux accompagné
Par Veronique SAVARY
Le 22.03.2019

Satiété oui, mais satiété psychologique d’abord ;)

Vous avez déjà fait le test avec de jeunes enfants ? Si non, je vous invite à faire l'expérience : présentez le plat façon bouillie
vite jetée dans l’assiette. Donnez la même assiette avec une présentation soignée (une tête de bonhomme, par exemple) : effet garanti !

La vue d'une jolie assiette bien présentée aura plus de succès. Et il en va de même pour l'odorat, l'ouïe, etc.
Nos 5 sens entrent en jeu quand il s'agit de manger.

 

La faim passe par un état de manque que nous avons besoin de combler. Et la satiété, c’est différent ? Elle passe bien souvent (plus qu’on ne le pense) par la tête et la représentation que nous nous faisons des aliments.

 

Manger à satiété : définition

Cette sensation de faim, nous la connaissons bien. Notre estomac qui nous rappelle à l’ordre (contractions gastriques, gargouilles et autres désagréments intestinaux) alors que nous sommes en train de terminer une activité que nous ne voulons pas interrompre. C’est un besoin physiologique qui nous rappelle à l’ordre.

Nous savons que la sensation de faim se régule au niveau de l'hypothalamus, comme pour le sommeil et la température de notre corps. Cet hypothalamus répond lui-même à un certain nombre de signaux physiologiques, nerveux et hormonaux.

Sans rentrer dans les détails scientifiques, la faim peut venir d’un réel manque. Mais elle peut aussi venir de stimuli que nous envoie notre cerveau, car nous venons de penser au bon gâteau au chocolat qui nous attend (exemple pris totalement au hasard ;)), ou nous sentons l’odeur du plat qui mijote à la cuisine et qui nous rappelle des souvenirs d'enfance. Il s'agit là d'une faim cognitive.

L’effet de satiété vient ensuite, une fois que nous avons suffisamment mangé. Mais il faut tout de même compter une vingtaine de minutes entre le fait de manger et la sensation d’être rassasié. C’est la raison pour laquelle il est important de manger lentement et de bien mastiquer.

Si le dessert semble alléchant, bien souvent notre sensation de rassasiement diminue pour laisser place à la gourmandise. Tout ceci est affaire de mental : vous l’aurez remarqué certains jours nous nous sentons fort•e et nous résistons à la tentation alléchante et d’autres jours nous craquons !!

La satiété et nos 5 sens

La sensation de faim vient d’un manque d’apports énergétiques, mais recouvre également bien d’autres choses. Dans ce “bien d’autres choses”, nos sens jouent un rôle primordial. 

1. Le goût

Le goût est bien le premier sens qui nous vient à l’esprit lorsque l’on évoque la faim. Nos papilles sont le vecteur des saveurs des aliments que nous ingérons : sucré, salé, acide, amer.

Selon nos habitudes, notre vécu et notre culture, la perception de ces saveurs est bien différente. Je me souviens notamment d’une correspondante thaïlandaise que nous avions accueillie chez mes parents lorsque j’étais enfant. Alors que nous mettions de la confiture ou de la pâte à tartiner au chocolat-noisette (dont je tairai la marque), elle étalait du piment sur du pain qu’elle mangeait pour son goûter ou son petit déjeuner. Nous, nous ne pouvions manger une bouchée de cette curieuse mixture sans tousser et cracher. Nous avions “la bouche en feu” !

De même, la perception de l’amertume, par exemple, est bien différente d’une personne à l’autre : les goûts ne se discutent pas.

femme met des chocolats dans son tablier. Gif en noir et blanc

2. La vue

Mieux les aliments sont présentés, plus nous avons tendance à craquer. Nos yeux envoient des signaux à notre cerveau pour nous indiquer que ces aliments ont l’air succulents. Pourquoi croyez-vous que les meilleurs pâtissiers, les meilleurs restaurateurs passent autant de temps à peaufiner la présentation ??

La présentation du plat est importante mais la présentation de la table compte aussi beaucoup. C’est la raison pour laquelle, pour nos moments festifs notamment, on s'attache à soigner la présentation de la table. Une table joliment présentée met tout autant en appétit que le plat lui-même, vous ne trouvez pas ?

Un point important à noter dans cette sensation de faim visuelle : la quantité. Vous avez remarqué comme nous avons tendance à nous servir davantage quand le plat est bien garni et que les assiettes sont larges ? Et oui, plus nous voyons en grand, plus notre estomac voit grand aussi !!

D’une culture à l’autre cette satiété visuelle s’exprime de manière différente. En effet, en France, nous avons l’habitude de débuter par l’entrée, puis le plat de résistance pour continuer avec le fromage et terminer avec le dessert. Mais dans de nombreuses cultures, cette notion d’étapes dans un repas ne tient pas de tout. Je me souviens d’un déjeuner en Grèce ou nous avions commandé avec mon conjoint nos entrées et nos plats respectifs. Quelle surprise lorsque le serveur est arrivé et a posé tous les plats au milieu de la table !

Ce doit être mon côté un peu “psychorigide”, j’avoue ;) Mais tout avoir en même temps m’a un peu freiné dans ma sensation de faim. La table n’était sans doute pas suffisamment organisée à mon goût...

3. L’odorat

Parlons des odeurs. La sensation de faim passe sans conteste par l’odorat. Lorsque nous imaginons un plat nous pensons également à ses effluves. Vous avez déjà remarqué que les boulangeries ont des aérations à hauteur de tête ? Toujours du côté du trottoir (et non de l'arrière de la boutique) à quelques mètres de l'entrée ??

Certaines odeurs très prononcées pourront nous incommoder alors que notre voisin les appréciera particulièrement. Je pense notamment au chou-fleur - légume avec a une senteur bien typique - qui rebute beaucoup d’enfants (et le goût ne leur plait pas plus ;)), mais allez savoir pourquoi, mes filles raffolent de ce légume depuis toutes petites.

Ces odeurs font appel à des souvenirs, des émotions, souvent de manière tout à fait inconsciente. C’est notamment sur ces observations que le marketing olfactif est né. Vous saviez que certaines enseignes de vêtements pulvérisent des odeurs qui nous détendent, pour nous inciter à passer plus de temps dans les magasins ?